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Non-lieu pour Gollnisch

mardi 21 mars 2006





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Descriptif/Commentaire LBS : Coup de théâtre judiciaire dans l’affaire de Bruno Gollnisch poursuivi pour "contestation de crime contre l’humanité" : le juge d’instruction Jacques Chauvot, vice-président du tribunal de grande instance de Lyon, rend une ordonnance de "refus de mise en examen et de non-lieu", et renvoie en correctionnelle les diffamateurs de Bruno Gollnisch, à savoir les six présidents du groupes du conseil régional, et le président socialiste du conseil régional Jean-Jack Queyranne...
C’est une claque retentissante pour (...)


Coup de théâtre judiciaire dans l’affaire de Bruno Gollnisch poursuivi pour "contestation de crime contre l’humanité" : le juge d’instruction Jacques Chauvot, vice-président du tribunal de grande instance de Lyon, rend une ordonnance de "refus de mise en examen et de non-lieu", et renvoie en correctionnelle les diffamateurs de Bruno Gollnisch, à savoir les six présidents du groupes du conseil régional, et le président socialiste du conseil régional Jean-Jack Queyranne...

C’est une claque retentissante pour Dominique Perben, qui était alors garde des Sceaux, et avait intimé l’ordre à la justice lyonnaise de poursuivre le délégué général du Front national, alors que l’enquête préliminaire avait conclu à une absence de charges. C’est aussi une claque retentissante pour le Parlement européen qui, aux ordres de la police de la pensée, avait honteusement refusé de soutenir l’immunité de son député Gollnisch. C’est enfin une claque retentissante pour les responsables de l’université, qui l’ont chassé de sa chaire à Lyon III dans la foulée des poursuites judiciaires. Le juge estime que s’il y a bien eu un "coup", qui a constitué une "atteinte à la mémoire de toutes les victimes des nazis", ce fut un coup... médiatique, qui n’est pas du fait de Bruno Gollnisch.

Ce qui importe à la justice, souligne le juge d’instruction, est de déterminer "quels ont été les propos réellement tenus par M. Gollnisch lors de la conférence de presse du 11 octobre 2004". Or les articles de "multiples quotidiens ou hebdomadaires versés au débat ne sont que d’un faible secours", en raison de leurs "contradictions manifestes", des "approximations", des propos "isolés de leur contexte". Et vlan pour les chiens de garde médiatiques du politiquement correct.

Le juge s’est donc fondé sur les dépositions des journalistes effectivement présents (lesquels avaient été requis, sur instruction de Dominique Perben, de déposer à la brigade criminelle...), et il a conclu qu’"il n’est pas douteux que M. Gollnisch ait manifesté clairement sa réprobation des crimes nazis". (Le seul fait qu’il y ait aujourd’hui besoin d’un juge d’instruction pour déterminer une évidence d’une telle banalité est une indication du degré de la persécution officielle contre le Front national.) Le juge pose ensuite la question qui était au centre de la fausse polémique : "En parlant de Katyn et du procès de Nuremberg, de la libre discussion nécessaire entre historiens sérieux, M. Gollnisch n’a-t-il pas cherché à faire naître un doute sur la réalité des crimes du national-socialisme ?"

Le juge répond deux fois non. D’une part, "l’affaire de Katyn est bien connue aujourd’hui, ainsi que l’entreprise de falsification de l’Histoire par le régime stalinien". D’autre part, et surtout, "la réalité des camps d’extermination organisés quasi industriellement n’a pas été contestée lors de cette conférence de presse par M. Gollnisch qui sur ce point (précise-t-il) répondait à des questions de journalistes". En conclusion, "il n’existe pas d’élément objectif relevant de la contestation de crime contre l’humanité", et en conséquence "M. Gollnisch ne sera pas mis en examen et un non-lieu sera ordonné".

En revanche, sont mis en examen et renvoyés en correctionnelle, non seulement Jean-Jack Queyranne, le seul à l’encontre duquel Gollnisch avait porté plainte, mais aussi les six présidents de groupes qui avaient concouru à une déclaration lue contre lui au conseil régional, trois jours après sa conférence de presse, sans qu’il lui soit donné la possibilité de répliquer. Le procès de Jean-Jack Queyranne, Christian Avocat (PS), Hervé Gaymard (UMP - oui, c’est l’ancien ministre), Gérard Géras (Verts), Thierry Cornillet (UDF - oui, c’est l’ancien président du parti radical), Jean-Michel Bodraton (PC) et André Friedenberg (PRG) est fixé au 28 mars.

Quant au procès de Gollnisch, dont la date avait été plusieurs fois reportée, il est théoriquement fixé au 23 mai. Mais on ne voit pas comment on peut faire un procès avec un prévenu qui n’est pas mis en examen et bénéficie d’une ordonnance de non-lieu... Sauf si. Sauf si on désavoue le juge d’instruction de Lyon. Et, naturellement, la machine à répression arbitraire s’est aussitôt remise en marche. Le parquet de Lyon a immédiatement fait appel de la décision du juge. L’affaire était assez grave pour que le garde des Sceaux en personne exige des poursuites, faisant ainsi une entorse au principe affiché de non-ingérence du gouvernement dans les affaires particulières de justice, il faut donc continuer...

C’est une belle illustration du "perseverare diabolicum". "La question est de savoir si, juridiquement et en matière de presse, le juge d’instruction peut se prononcer sur le fond du dossier", déclare doctement le vice-procureur Varaldi. Et celui-ci de déclarer dans la foulée que si par hasard la chambre d’instruction lui donne tort, il aura la possibilité de se tourner vers la Cour de cassation... Cet acharnement est grotesque. Il ne fait que rendre visible à tous, particulièrement aux Lyonnais, que Dominique Perben s’est servi de son poste de ministre de la Justice, et continue de se servir de sa présence au gouvernement, pour tenter d’abattre un adversaire dans la course à la mairie de Lyon.

Les électeurs ne pourront que sanctionner sévèrement un homme politique qui utilise de façon aussi visible et sans vergogne des procédés de république bananière.

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